Surmonter ses peurs

Quelque soit l’activité pratiquée ou le domaine dans lequel elle s’exerce, si la performance est recherchée alors une peur peut s’installer.

Cela peut s’expliquer par la crainte de perdre le match, celle de faire une erreur, de ne pas répondre aux exigences de l’entraîneur ou encore de décevoir. 

Cela peut aussi être associé au fait de craindre la blessure ou de manquer une échéance importante. 

Finalement les sources de stress et d’anxiété sont nombreuses et apprendre à les canaliser renforce notre faculté à les identifier et à mieux les gérer.

Ainsi nous nous focalisons davantage sur la progression pour viser une performance, un résultat et par conséquent on parvient étape par étape à surmonter ses peurs.

Origines et conséquences de nos peurs

Selon la nature de l’activité pratiquée, la peur peut prendre des visages différents.

Elle peut trouver son origine parmi une multitude de facteurs et impacter notamment nos émotions et nos comportements.

Les différentes spécificités

En fonction du sport pratiqué ou de la nature même de la situation qui représente un enjeu pour nous, nous pouvons tous être confronté(e)s à des peurs diverses et variées.

Si je pratique les arts du cirque, je peux craindre la hauteur, le vide, de me lâcher afin d’exécuter le numéro.

La prise de risque qu’il représente peut générer le doute, l’incertitude et finalement la peur de me lancer.

Si je pratique un sport de combat, je peux craindre les chocs, les coups ou encore la douleur.

Les différentes raisons

Ces réticences peuvent trouver leurs origines dans la crainte de la blessure parce qu’on a déjà vécu un traumatisme ou encore assisté en direct à la blessure d’un partenaire sur ce même type d’enchaînement ou de combat.

Cela peut aussi être lié à l’angoisse de faire mal à son adversaire direct voire à soi-même.

On peut aussi avoir le sentiment d’avoir atteint un palier, une limite et on pense que ni le corps ni l’esprit ne peuvent aller au-delà.

Parfois il arrive aussi que l’on se crée des limites ou des réserves parce qu’une personne de notre entourage nous a fait part d’une histoire qui génère chez nous, la peur de se lancer.

La charge physique ou mentale que l’on s’impose à l’entraînement ainsi que l’engagement en compétition peuvent générer des douleurs chroniques quotidiennes qui limitent notre capacité d’agir.

Les conséquences de nos peurs

Elles peuvent être de nature psychologique car on craint de faire mal, de ne pas y arriver, de sentir ses limites ou de ne pas être à la hauteur.

On redoute aussi parfois de ne pas répondre à la demande de l’entraîneur, on a peur de l’échec, d’être vu(e) et critiqué(e), d’être ridicule, de faire rire de soi.

Elles peuvent aussi être de nature psycho-sociale car on a l’appréhension de ne pas être bien perçu(e), intégré(e).

On ressent une menace d’être mis hors du groupe.

On peut craindre les autres ( leaders ), les propos, l’intox d’avant match et aussi les médias.

La peur nous offre des paradoxes surprenants car elle peut transcender et nous faire accomplir des choses incroyables mais aussi complètement l’inverse.

Dans tous les cas, la peur peut nous faire adopter des comportements surprenants et déroutants.

Elle peut nous permettre de nous dépasser comme nous faire commettre l’irréparable ( Une faute sanctionnée par un carton rouge par exemple ).

La peur impacte nos comportements

Sur le plan émotionnel, elle peut provoquer du stress, de l’anxiété, de l’effroi, de l’inquiétude, engendrer la dangerosité, un mal être et la panique…

Sur le plan comportemental, elle peut amener un sentiment d’impuissance, d’échec.

La colère de ne pas se lancer peut créer des blocages qui freinent l’action, la prise d’initiative et suscite la réserve et la retenue.

Les regrets, la honte voire la jalousie de ne pas y parvenir peuvent engendrer des attitudes et un comportement colérique, contestataire qui expriment la frustration.

Paradoxalement la peur peut aussi nous amener à déclencher des réactions qui impactent favorablement la progression et la performance quand l’individu se sent dos au mur et que cela fait voler en éclat ce qui jusqu’alors l’empêcher d’agir.

La peur génère alors un sentiment de réussite et de dépassement de soi tout en développant l’envie d’y retourner et de persévérer.

Peut-elle alors si elle est identifiée, comprise et maîtrisée devenir un atout ?

Comment gérer la peur en utilisant son énergie à notre avantage ?

Expliciter sa peur
J’ai peur de quoi ?
Qu’est-ce que cela fait quand je ressens les prémisses de la peur ?
Dans quel endroit de mon corps je ressens la peur ?
Comment cela se présente t-il en terme d’intensité, de forme, de durée et de régularité?
Quand disparaît-elle et comment l’expliquer ?
Rechercher et trouver l’origine de sa peur
Comment expliquer cette peur ?
En raison de mauvaises expériences ?
En raison de l’état actuel des choses ?
En raison d’une intuition sur d’éventuelles circonstances négatives ?
A cause des croyances qui sont en moi ?
Analyser mes peurs
Que peut-il se produire si je ne fais rien pour gérer la cause de cette peur ?
Quelles émotions et quels sentiments surviennent après le passage de ma peur ?
Que m’arrivera-t-il si quelque chose de négatif se produit pour moi ?
Quel risque j’encourt si je ne fais rien ?
Quelle est la probabilité que survienne une mauvaise expérience si je n’agis pas ? 
Agir…oui mais comment ?
De quelle façon agir ?
Qui peut m’aider à gérer la peur ?
Suis-je seul(e) dans ce cas ?
Quand commencer et avec qui ?
Comment trouver une nouvelle pensée automatique pour remplacer celle de la peur : Je passe de  : Je vais me planter à :  C’est vrai, j’ai peur mais je respire et j’agis ici et maintenant en me concentrant sur la bonne exécution de mon lancer.
Planifier une action dans le temps 
Trouver et tester différentes techniques aux effets concrets
Les travailler lors des entraînements pour les rendre plus efficaces
J’utilise les sensations de mon corps et mes sens
J’étudie le timing, le rythme des actions qui me font peur
Je réalise de façon progressive les difficultés qui sont les miennes et je mets en place des stratégies en utilisant la vidéo, la décomposition du mouvement, la visualisation
Identifier mes émotions, utiliser mes sens et adapter mon rythme et mon parcours à la situation. 
Passer les paliers les uns après les autres en répétant les gestes réussis
Aujourd’hui, ai-je de nouvelles peurs ?

Mise en pratique pour apprendre à traiter nos peurs

Déclencheur ou ActivateurMes penséesMes réactionsComment les désamorcer ?Mes nouvelles pensées ?
Le tir au butsi je le manque, c’est l’éliminationCrispation
Tension
Nervosité

Inspirer,
Garder, Relâcher
Je suis prêt !
J’y vais calmement,
Je suis préparé(e), Je me lance et but… !






La preuve par l’image et l’analyse d’une défaite qui se répète encore et encore

Le résumé du match : Réal Madrid – PSG ( 1/8 de finale LDC / mars 2022 )

Tu trouveras ensuite ci-dessous l’extrait d’un article paru dans le journal Le Parisien au lendemain de l’élimination du PSG en ligue des champions :

Elimination du PSG : «Quand le passé prend l’ascendant sur le présent du match, c’est mort… »

Pour tenter d’expliquer la nouvelle désillusion du PSG face au Real Madrid mercredi (3-1), nous avons sollicité deux spécialistes du mental appliqué au football, la psychanalyste Sabine Callegari et le préparateur mental Denis Troch.

Messi parle à l’arbitre, Kimpembe retient Verratti par le bras…

Les Parisiens n’ont pas su faire face après la bourde de Donnarumma et se sont effondrés en fin de match contre le Real Madrid.

Pour le PSG, le temps est certainement venu de s’allonger sur le divan d’un spécialiste, après le nouvel épisode tragique vécu à Bernabeu, cinq ans après le traumatisme de la remontada et trois ans après le naufrage face à Manchester United au Parc.

« Quand il y a la répétition d’un scénario, c’est qu’un symptôme se répète, explique Sabine Callegari, psychanalyste, autrice de « Dans la tête de Zinédine Zidane » (Nouveau monde éditions, 2020).

Au PSG, le symptôme est le collectif.

Pour moi, ce que vient révéler l’échec face au Real, c’est la grande fragilité du groupe. Quand tout le monde est dans l’euphorie d’un exploit, la résilience ou la solidité du groupe n’est pas mise à l’épreuve.

Dès qu’arrive l’épreuve, l’erreur de Donnarumma et le premier but de Benzema, la fragilité de la structure apparaît à ciel ouvert…

Pour moi, le PSG n’arrive pas à faire corps, en dépit de ses talents incroyables, de ses moyens, de son brio.

Un corps, c’est un ensemble unifié de cellules. Et ça, à Paris, il n’y a pas.

»Denis Troch, ancien adjoint d’Artur Jorge au PSG dans les années 1990, reconverti de longue date dans la préparation mentale, estime que Paris pourrait s’améliorer « au point de vue mental collégial, sur les interactions entre joueurs. »

« Tu as le droit d’avoir des doutes avant un match, explique-t-il.

C’est légitime et même utile afin d’imaginer tous les scénarios possibles en cas de problème.

La peur, les émotions se transmettent à vitesse grand V dans l’action.

Si, pendant le match, la peur arrive, le match est pollué.

Même si les joueurs sont globalement immunisés, des tas d’interférences émanant du public, des médias surgissent…

Quand les gens pensent que ça va mal se passer et qu’un signe avant-coureur se manifeste, on bascule dans le Put…, je le savais…

Et quand le passé prend l’ascendant sur le présent du match, c’est mort. »

»Appelé en 2016-2017 au chevet de club de rugby de Clermont, qui présentait onze finales perdues de championnat pour un seul titre (2010), Troch se souvient qu’il s’était appliqué à se soustraire personnellement à tout l’environnement de club et à faire passer des « anticorps » aux joueurs.

De sorte qu’ils se focalisent sur leur seul savoir-faire et filent vers le titre en 2017.

« Si tu ne traites pas un problème, il revient de façon récurrente, reprend Troch à propos du PSG.

Les supporters, les médias, l’environnement sont toujours les mêmes.

Aujourd’hui, le club est plus lourd que l’équipe et finit par avoir un impact négatif sur celle-ci…

»Entraîneur adjoint parisien voilà trente ans, notamment lors du succès du PSG face au Real en quart de finale de la Coupe UEFA (1-3, 4-1), Troch se souvient qu’il avait chargé chaque joueur d’une mission spécifique, indépendante des consignes tactiques.

« J’avais identifié onze points clés d’un match : les 5 premières minutes de chaque mi-temps, les 5 dernières, les cinq minutes suivant chaque but marqué ou encaissé, le relationnel de l’arbitre, comment gagner du temps dans les moments opportuns, etc.

»De vieilles recettes qui auraient pu peut-être s’avérer utiles mercredi.

À Bernabeu le 2 mars 1993, Troch se souvient encore d’avoir lâché un filet de ballons à la rencontre des joueurs parisiens dans l’escalier menant à la pelouse pour détourner leur attention du « mur noir de supporters » qui les attendait au bas des marches.

Mercredi soir, Pochettino n’a pas été pro-actif dans le soutien de ses joueurs quand la belle mécanique parisienne s’est enrayée.

« Quand survient l’accident Donnarumma, le coach, très passif, ne vient pas le réconforter comme Jurgen Klopp le fait à Liverpool quand quiconque commet une erreur ou rate un pénalty, reprend Callegari.

À ce moment, j’estime qu’il y a une dislocation du groupe.

Pour filer la métaphore du corps, Pochettino n’est pas charnel, alors qu’au Real, on voyait Zidane toucher ses joueurs, totémique, quand il leur parlait alors qu’ils étaient regroupés en cercle.

»Surprise également par la « distance » affichée par Leonardo dans son interview d’après-match, la psychanalyste a observé que Pochettino émettait mercredi soir tous les signaux de la catastrophe à venir :

« Il a baissé les bras et il a peur. Il est dans la position de l’impuissance. Face à un incident de parcours, il se fige, comme s’il avait peur que tout acte soit pire. Klopp n’hésite pas à sortir Salah, Mané quand ils ne sont pas en forme. À sa décharge, on sent bien que Pochettino n’a pas les mains libres. Messi a fait une bonne première période mais n’avançait plus à la fin. La logique sportive aurait été de le remplacer. Pochettino est le plus souvent assis sur son banc, plutôt que debout, tonique, dans la position phallique de l’entraîneur, qui saute et gesticule, comme Klopp, Zidane ou Guardiola. Sur son visage, il porte tous les signes qui vont de la résignation à l’impuissance. »

Plus largement, Callegari retient l’hypothèse que, si le PSG bute régulièrement sur les grands d’Europe, c’est qu’il peine à devenir adulte :

« Le PSG a le profil très jouissif de l’enfant terrible, extrêmement attachant et énervant à la fois. Il fait face au Real, à l’un des clubs les plus anciens et les plus institutionnels qui soit. Il se peut qu’il soit face à quelque chose de l’ordre d’un deuil de l’enfant qu’il a été et à quelque chose de l’ordre du meurtre symbolique du père. Peut-être faut-il qu’une identité du PSG meure pour qu’une autre identité émerge. »

« Si tu ne traites pas un problème, il revient de façon récurrente »( Denis Troch )

Si toi aussi, tu souhaites notamment identifier tes peurs, comprendre l’impact qu’elles peuvent avoir sur ta progression et tes performances, je t’invite à cliquer simplement sur l’onglet ci-dessous pour accéder à l’atelier : Défi 7 jours pour performer sous pression

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