Comment optimiser la trêve hivernale ?

A ce moment-ci de la saison, nous avons réalisé un premier bilan.

Si on évolue dans un sport collectif comme c’est mon cas alors nous savons déjà s’il est possible de prétendre au podium, au ventre mou du classement ou si nous allons jouer le maintien.

Nous sommes à présent au carrefour de la saison et chacun d’entre nous ( sportif comme entraîneur ) se demande comment optimiser la trêve hivernale ?

Comment se projeter vers la reprise du championnat alors que la situation sanitaire s’est considérablement dégradée.

Difficile actuellement de bâtir un plan d’action à appliquer pour concrétiser les objectifs que l’on s’est fixés.

Bien sûr avant la pause hivernale, j’ai préparé mes séances de reprise, l’organisation globale de l’équipe, la préparation physique, les matchs amicaux…

…et pourtant plus les jours avancent et moins je colle à mes prévisions.

Réévaluer ses objectifs

Notre ambition est de terminer sur le podium afin de prétendre au niveau supérieur.

Pour atteindre ce grand but, je m’appuie sur des objectifs de processus dont j’ai la maîtrise et le contrôle car il ne dépendent que de moi.

Pour atteindre ce grand but, je développe une stratégie de performance en préparant les joueurs, palier après palier, sur le plan physique, technique, tactique et mental.

Chacun à terme sera en mesure de progresser et de développer tout son potentiel en validant des objectifs personnels et individuels de performance.

En ces temps difficiles ( pandémie, blessures, météo ), j’ai choisi de privilégier les acquis.

Plutôt que de chercher à développer de nouvelles compétences, j’ai décidé de privilégier la maîtrise en leur proposant uniquement des ateliers que les joueurs connaissent et grâce auxquels ils ont des repères.

Je suis persuadé qu’en ces temps troublés et incertains, s’appuyer sur des repères établis les rassure et les aide à progresser et à étayer leur confiance.

Conforter le triangle d’appui

La bible de la préparation mentale par Christian TARGET

J’ai toujours en tête le schéma proposé par Christian TARGET dans son livre ( La bible de la préparation mentale ).

Il évoque les 3E ( Emotions – Energie – Estime de soi ).

Sur le plan émotionnel, les joueurs sont inquiets.

Chaque semaine, de nouveaux cas de contamination ou de cas contacts empêchés de pratiquer.

Ils sont frustrés de ne pas pouvoir enchaîner les séances d’entraînement et les matchs.

Ils se questionnent quant à la possibilité d’atteindrer leur grand objectif de la saison.

Beaucoup doutent, manquent de sérénité et ont des difficultés à se concentrer sur l’instant présent.

Sur le plan de l’énergie, c’est le même constat car chaque semaine finalement, on peut être privé d’entraînement collectif et devoir le faire à la maison selon son état de santé.

Une certaine lassitude peut s’installer, une forme de mélancolie qui les empêchent de s’activer et qui risquent à terme d’impacter leur niveau de performance.

L’estime de soi se fragilise aussi car elle n’est pas nourrie par une pratique et des performances régulières et abouties.

Les sportifs éprouvent des difficultés à se sentir valorisés et à développer leur confiance en soi.

Avec un triangle d’appui fragilisé, vous ne pouvez pas développer votre motivation et cela impacte par un effet domino, vos capacités à agir dans l’instant présent.

Vous allez avoir tendance à ruminer sur la situation qui vous empêche d’avancer comme vous l’espériez.

Vous risquez aussi de vous dispersez dans des projections mentales afin d’essayer malgré tout de vous projeter, d’idéaliser un futur qui finalement ne cessera de vous ramener aux inquiétudes du moment.

Saisir l’opportunité

Je suis bien décidé à voir le verre à moitié plein car de toute façon la situation échappe à mon contrôle.

A l’heure à laquelle j’écris ces lignes, je ne sais jamais combien de joueurs seront présents à l’entraînement et c’est identique pour le match du samedi.

Par conséquent je reprends les bases et je compose avec les joueurs disponibles.

Je suis le capitaine du navire alors je tiens la barre et je garde le cap.

Que vous soyez joueur ou entraîneur, vous êtes libre de vos choix, de l’attitude et des postures que vous adoptez.

Finalement je ne fais qu’appliquer les valeurs qui nous caractérisent.

Je m’appuie sur les forces qui nous animent et nous dynamisent.

Chaque séance, chaque match joué est l’occasion de le souligner et de l’ancrer dans l’esprit des joueurs disponibles.

En gardant le cap, nous créons une dynamique qui va contaminer l’ensemble du groupe.

Lorsque les joueurs absents vont reprendre, ils constateront l’engouement, l’état d’esprit positif et la joie de vivre.

Actuellement je leur parle avec le coeur, je leur transmets mes convictions, mes valeurs et ma détermination.

Je ne parle pas de résultat mais plutôt de maîtrise, de valorisation du contenu, de solidarité.

Je les encourage à aller au-delà de la limite qu’on a tendance à se donner quand on se laisse gagner par l’inquiétude et la morosité ambiante.

Adopter la zen attitude

…pour t’accomplir, te réaliser pleinement et t’épanouir dans ton sport.

Si ton focus principal est de réussir, vaincre et conquérir, il est probable que tu te concentres souvent sur…

  • Ce qui te manque, ce que tu n’as pas encore
  • Trouver des moyens d’avoir toujours plus de contrôle
  • L’anticipation du futur

Si tu souhaites ressentir plus de satisfaction, de plaisir, de bien-être et d’accomplissement dans ton sport, je t’invite à diriger plutôt ton attention vers…

  • Ce que tu as déjà, et ce qui te fait ressentir de la gratitude et de l’appréciation
  • Ce qui est sous ton contrôle
  • Le moment présent, ce qui se passe ici et maintenant

Les deux attitudes décrites ci-dessus peuvent te mener l’une comme l’autre au succès.

Toutefois en adoptant la première attitude, tu t’exposes à la possibilité de vivre de nombreux épisodes de frustration et d’insatisfaction, pour finalement arriver à un sentiment de réussite éphémère…

En adoptant la seconde attitude, la zen attitude, tu génères un état de bien-être, de satisfaction et de contentement au quotidien, et à chacune des étapes de ton parcours d’athlète ou d’entraîneur.

Obtenir ce que tu veux, réfère à la réussite.

Réussir, c’est atteindre un certain résultat, réaliser un objectif que tu t’es donné.

S’accomplir est une attitude.

S’accomplir, c’est ressentir des émotions positives liées à nos réalisations, quelle qu’elles soient.

Tu l’as deviné, il est possible de réussir sans jamais se sentir accompli(e)… et c’est souvent ce qui se produit quand on focalise toute notre attention vers la compétition.

Adopter la zen attitude, c’est se donner les moyens de ressentir de l’appréciation et un sentiment d’accomplissement au quotidien, dans les petits détails.

Pour y arriver, tu veux créer ta connexion intérieure, et celle avec le monde qui t’entoure, en apprenant à contribuer et à travailler avec toi-même et les autres.

En ces moments compliqués, mon discours est centré sur la coopération plutôt que la compétition.

En privilégiant les valeurs de coopération, je me dirige vers tout ce qui nous unit comme l’équipe, le groupe, notre grand but, nos forces et nos valeurs.

Toute notre énergie se concentre vers tous les éléments qui contribuent à nous donner le sentiment d’accomplissement, de réalisation de soi.

On se félicite, on s’encourage, on se motive, nous faisons preuve de gratititude les uns envers les autres.

Nous privilégions la connexion pour atteindre notre grand but plutôt que la compétition qui par nature divise.

Nous sommes bien décidés à faire de cette période morose, une opportunité de mettre tout en oeuvre pour atteindre notre grand objectif.

Lorsque la compétition reprendra vraiment, nous serons alors en mesure de nous appuyer sur tout ce que la trêve hivernale nous aura permis d’optimiser :

  • Connexion les uns aux autres
  • Solidarité
  • Unité
  • Entraide
  • Partage
  • Communication

Finalement nous aurons trouvé l’équilibre entre les valeurs de la compétition et celles de la coopération.

En agissant ainsi, nous conserverons le cap lié à notre grand objectif de la saison, accéder au niveau supérieur.

Tout ce que nous mettrons en place actuellement peut nous permettre d’y parvenir.

Et si tel n’était pas le cas alors nous aurons beaucoup appris d’abord sur nous-mêmes et sur la manière d’appréhender tout ce qui peut échapper à notre contrôle.

Les incertitudes du moment nous offrent la possibilité de faire preuve de résilience, de développer nos capacités d’adaptation et de renforcer les liens qui nous caractérisent et qui nous unissent.

Je suis persuadé qu’à terme, cela rendra le groupe plus performant et cela augmentera notre capacité à tout mettre en oeuvre afin d’atteindre l’objectif de résultat que l’on s’est fixé.

BONUS

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