L’effet Velcro, l’effet Téflon

Le neuropsychologue américain Rick Hanson considère que notre cerveau est programmé pour retenir en priorité ce qui pourrait nous nuire et pour laisser passer les choses positives et agréables dans nos vies.

Votre cerveau , écrit-il dans son livre « Le cerveau de Bouddha », est comme du Velcro pour les expériences négatives et du Téflon pour les expériences positives.

Nous avons reçu de nos ancêtres préhistoriques un héritage encombrant.

Eux, devaient véritablement lutter pour vivre et comme le cerveau humain est une machine performante, il leur a permis de développer des ressources et des capacités à prendre des décisions intelligentes et salvatrices pour évaluer le danger et favoriser leur survie.

Un héritage encombrant

De cette époque, l’homme moderne a conservé cette capacité à accorder plus d’attention aux informations négatives mémorisées plus facilement, qu’aux informations positives que nous avons tendance à oublier.

C’est le même penchant naturel qui spontanément s’implique dans nos réactions, dans nos perceptions et dans nos modes de pensées.

Il nourrit l’anxiété, la tristesse, le pessimisme et les remises en question inutiles.

Pour éviter de s’accrocher aux expériences inconfortables ( effet velcro ) et laisser filer les moments de bonheur ( effet Téflon ), je peux mettre en place une stratégie toute simple pour inverser le phénomène et maintenir une existence équilibrée.

Il ne s’agit pas de nier les difficultés et de les balayer sous le tapis mais simplement de dompter cette habitude de l’esprit.

Les progrès des neurosciences nous montrent que lorsque les neurones s’activent ensemble, ils se raccordent ensemble.

Cela signifie que l’activité mentale crée de nouvelles structures neuronales.

Par conséquent quand je réagis de manière contrariée aux propos d’une personne ou lorsqu’une situation ne me convient pas, je reproduis alors le même schéma et je produis les mêmes pensées systématiquement.

J’installe alors dans mon cerveau cette faculté à me mettre en colère ou à éprouver de la tristesse ou bien encore à me sentir déçu.

Inverser la tendance

Mes réactions automatiques me conduisent à des pensées qui impactent ensuite mes émotions, mes ressentis et mes prises de décisions.

Alors je peux aussi décider de mettre en place des actions pour inverser cette habitude et ainsi créer de nouvelles connexions et modifier ce qui finalement ne fait que me rendre malheureux.

En prenant un moment chaque jour pour attirer mon attention sur cette pratique, je prends l’habitude de passer d’un biais négatif à un état d’esprit plus utile à mon bien-être.

Plutôt que de réagir tel un homme des cavernes que je n’ai jamais été, je peux décider d’entraîner mon cerveau à agir en homme moderne.

Pour cela je peux m’appuyer sur mes forces, mes succès, mon engagement, mon courage ou ma détermination.

Un échec, si on prend le recul nécéssaire, n’est ni plus ni moins, une étape qui non seulement nous fait progresser mais prépare aussi les succès de demain.

Chaque fois que je prends le temps d’évaluer la situation telle qu’elle est vraiment en me détachant des pensées qui habituellement me traversent alors je suis déjà entrain de modifier la manière dont je fonctionnais habituellement ( colère, tristesse, déception ).

Je cesse de vouloir répondre à l’inconfort généré par mes émotions.

J’accueille, j’évalue, je choisis d’agir plutôt que de réagir.

  1. Comment je réagis à la situation ?
  2. Je prends du recul
  3. Je me connecte à la gratitude : ” Ok c’est difficile mais grâce à cela je suis capable de …, bravo et merci à toi.
  4. Je saisis l’opportunité de modifier mon cablage neuronal…

…en laissant les petits moments de bonheur s’accrocher ( Velcro ) et en laissant glisser finalement les petites contrariétés ( Téflon ).

Des outils simples et accessibles

La méditation de pleine conscience

Ce type de méditation utilisé en médecine, en psychologie, dans l’éducation ou dans le monde de l’entreprise a des caractéristiques précises :

  • c’est une méditation laïque
  • elle repose sur un apprentissage simple et rapide
  • elle dispose d’une approche validée par de nombreuses études scientifiques

Il a été démontré que la méditation de pleine conscience modifie favorablement notre manière de réagir au stress, aux émotions douloureuses, inconfortables, aux situations difficiles et donc qu’elle va nous aider à nous rapprocher de cet état de zénitude.

Méditer, en quoi ça consiste ?

Tout simplement à s’arrêter…

…et ne rien faire.

On arrête les distractions, on arrête les actions. 

On ne fait rien…

…ce qui dans nos modes de vie est plutôt rare !

Ainsi, on prend conscience de son état, on observe son expérience, on vit l’instant présent.

On n’essaie pas de changer quoique ce soit à la manière dont on respire, à nos pensées ou à ce qu’on éprouve…on prend ce qui est là !

Cela va nous apporter un ensemble de chose auxquelles la plupart du temps, nous sommes aveugles.

Méditer, ça sert à quoi ?

La méditation répond à un besoin, à un besoin essentiel de notre cerveau :

  • Bénéficier de temps calmes, de non action, de simple présence au monde

On distingue deux grandes familles de bénéfices :

  • L’apaisement ( diminution du stress )
  • Le discernement ( recul, connaissance de soi )

Est-il difficile de méditer ?

Nous avons tous été à un moment ou un autre de nos vies dans un état proche de la méditation, avec une attention stabilisée, nos émotions apaisées.

Cela a pu prendre l’apparence d’un feu de cheminée, d’observation du va et vient des vagues de l’océan ou encore des paysages qui défilent dans le train.

Cela s’apparente au phénomène de la cible mouvante, c’est-à dire quelque chose qui bouge lentement.

Pour reproduire cet état, on va utiliser notre respiration comme un ancrage que nous allons placer au centre de notre attention, pour rentrer plus facilement dans un état méditatif.

Exercice de l’espace de respiration

Etape n°1 : La posture

Le corps

  • Redressez vous doucement
  • Ouvrez légèrement vos épaules
  • Gardez votre dos aussi droit que possible  

L’esprit :

  • Soyez dans une attitude de curiosité et de bienveillance

Le but n’est pas de se rendre zen en un temps record, on cherche à observer calmement ce qui se passe, dans quel état nous sommes.

Etape n°2 : La présence à soi

Plutôt que d’être à l’extérieur de nous-même ( action, distraction, dispersion ), on se connecte à nous-même.

Etape n°3 : Suivre notre souffle

On ne cherche pas à maîtriser notre souffle, à contrôler notre respiration, juste suivre ses mouvements respiratoires.

Quand pratiquer la méditation de pleine conscience ?

Méditer, c’est très simple…

Ce qui est compliqué, c’est de le faire régulièrement, quasiment de façon quotidienne.

C’est un entraînement !

On peut par exemple pratiquer dans les moments d’attente comme les files d’attente ou chez le médecin quand il nous faut patienter avant la consultation.

Le bénéfice est immédiat : cela apaise.

On peut aussi profiter de moments agréables afin de prendre conscience, s’arrêter, regarder, écouter, respirer, ressentir…

…intégrer en soi l’expérience, capturer ces moments de bonheur.

Rien à voir avec se dire : “ Ah, c’est beau ! “, puis continuer sa route.

Dans les moments de stress, s’arrêter, respirer, évaluer, identifier la nature de l’émotion qui nous traverse, quelles pensées se manifestent pour prendre une nouvelle voie.

C’est une manière de répondre au stress différemment et d’éviter de réagir de manière instinctive.

La psychologie positive

On associe souvent cette discipline au fait d’être positif, joyeux, heureux en toutes circonstances même quand on est confronté à des difficultés.

Selon Martin Seligman, si l’on étudie « ce qui donne un sens à notre vie », on devient par définition beaucoup plus heureux.

La psychologie positive est ainsi une science qui nous invite à favoriser notre épanouissement en identifiant ce qui détermine notre bien-être.

L’idée n’est donc pas de nier qu’il existe des problèmes mais de nous focaliser sur nos forces pour passer outre ces problèmes.

Il s’agit plutôt de savourer les bons moments quand ils sont là.

Finalement, on prend des forces face à l’adversité.

L’humain a besoin de temps à autre de se focaliser sur des émotions négatives afin de prendre conscience de ce qui ne va pas et faire attention aux détails qui pourraient représenter de vrais problèmes.

Ainsi il sera en capacité ensuite d’accéder aux ressources proposées par son environnement après avoir évalué et analysé les risques éventuels.

Quand je choisis d’être de bonne humeur plutôt que de me laisser gagner par la morosité alors j’emprunte une voie qui va augmenter mes capacités et ma créativité.

Elle qui n’est rien d’autre qu’un petit morceau de bonheur voire le point de départ.

Elle apparaît alors comme une sorte de lubrifiant intellectuel.

Cela va favoriser des états d’âme positifs et accroître mes capacités mentales.

En effet, après induction ( opération mentale par laquelle on passe d’observations données à une proposition qui en rend compte ) d’humeurs positives, je suis plus enclin à une concentration optimisée et en cas de distraction, je parviens à me concentrer à nouveau, plus facilement.

Quand je suis d’humeur joyeuse, je suis plus en capacité de coopérer, de trouver un consensus ou encore d’ajuster de façon positive et constructive mon comportement et mon discours afin de préserver l’équilibre.

Prendre conscience de l’humeur négative va faciliter les évaluations systématiques des bénéfices à se comporter de manière positive.

Voltaire disait : “ J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé “.

Le bonheur est un facilitateur de récupération après exposition au stress.

Il permet une récupération plus rapide et plus aisée d’un rythme cardiaque calme.

Plus une personne est stressée, plus elle a tendance à rester accrochée au problème, moins elle est en capacité de se diriger vers la solution.

Dans les moments difficiles, l’humain a plus tendance à s’accrocher au problème, à vouloir résoudre le problème, ce qui n’est pas toujours possible dans l’immédiat.

Parfois même, il ne lui appartient pas de le résoudre.

Sans parler du fait que régler ce problème peut nécessiter de reprendre de l’énergie car résolvable certes mais en plusieurs étapes.

Quand l’humain est anxieux, déprimé ou triste, il a tendance à se punir car culpabilisé de ne pas être assez efficace, performant.

Il va plutôt se priver de bonnes choses que de s’y exposer pour tenter de reprendre des forces.

A contrario, favoriser des affects positifs ( des sentiments agréables comme l’enthousiasme, l’inspiration et la vivacité ), sont les prédicteurs les plus robustes du sentiment que notre vie a un sens.

Plus j’aurai de moments de bonheur, de bien être, de satisfaction plus je desserrerai  l’étau du stress, des soucis et ainsi je serai en capacité de regarder autour de moi, mais aussi vers mes buts et mes valeurs.

Vers le bonheur

La moitié de nos aptitudes à être heureux ne dépend pas de nous quoi qu’on fasse, quoi qu’on pense, c’est déjà là : Génétique, influence du passé.

10% dépendent du milieu dans lequel on vit ( Région, pays, famille…).

40% dépendent de nos attitudes mentales et comportementales.

Pratique du bonheur

L’idée directrice est de faire du bonheur un but et non une obsession.

Pour cela, nous pouvons accumuler les petits moments heureux plutôt que d’attendre ou d’espérer le bonheur avec un grand B.

Nous pouvons aussi accepter les intermittences du bonheur et se réjouir de le retrouver.

Dans les moments pénibles, je peux éviter les prospectives négatives ( Et voilà, ça recommence…, c’est toujours pareil, être heureux, c’est toujours pour les autres ! ).

Je peux créer un terrain favorable en pensant que le bonheur est près de nous et qu’il va revenir.

Le secret c’est d’être heureux quand tout va bien ou pas trop mal…

…Profiter de l’instant présent, ici et maintenant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

error

Vous aimez ce site, rejoignez le Projet Rabeles sur

Découvrir Le Projet Rabeles