La préparation mentale sportive est-elle efficace ?

Voila un peu plus de huit mois à présent que j’utilise la préparation mentale sportive auprès de ce groupe de joueurs.

Quand j’ai fait leur connaissance, ce groupe sortait d’une phase difficile en raison de la pandémie.

Privés de jeu, ils manquaient clairement de repères sur tous les aspects de leur pratique sportive.

Du point de vue énergétique, ces athlètes se situaient dans la zone basse en raison d’une pratique limitée et cela impactait clairement leur niveau de motivation.

Bien sûr il y avait chez eux, l’envie de s’entraîner et de se remettre en selle mais la phase d’arrêt a impacté leurs capacités physiques.

Constater ces carences a contribué à dresser un bilan inquiétant, sources d’émotions inconfortables face auxquelles il était primordial d’agir.

Au niveau de l’estime de soi, le bilan à la reprise avait de quoi les tourmenter car ils ressentaient les effets négatifs du manque d’entraînement et de compétition.

J’avais la sensation d’être face à des joueurs soucieux, contrariés et désireux avant tout de prouver qu’ils n’avaient rien perdu.

Forcément, ce n’était pas le cas et en le constatant très rapidement, ils ont été soumis à la dure réalité et la pilule a été difficile à avaler.

D’abord, on se remet en selle !

Ces sportifs avaient tendance à vouloir mettre la charrue avant les bœufs dans le sens qu’ils évoluaient avec ce sentiment d’urgence, pensant qu’il fallait rattraper en 10 semaines l’équivalent d’une saison quasi inexistante.

Les entraînements étaient basés sur des ateliers ludiques avec pour seul enjeu, l’amusement et le plaisir d’être ensemble.

Sur le plan motivationnel, l’objectif était de développer l’esprit d’équipe, la cohésion et la persévérance.

Demander aux meilleurs d’aller chercher les autres durant les entraînements physiques a contribué à renforcer les liens et à comprendre l’importance de l’équilibre et de l’harmonie dans un groupe.

Les objectifs ne concernent pas que le résultat

Je percevais chez eux cette urgence de la victoire à tout prix alors il a fallu les amener à intégrer dans leur raisonnement que la victoire représente le but ultime mais que pour l’atteindre, cela passe par des paliers intermédiaires composés d’objectifs de processus ( sous notre contrôle ) et des objectifs de performance plus individualisés.

En balisant notre chemin ainsi, il est plus aisé de bâtir une confiance solide et durable. On accepte que notre quête de victoire soit composée d’erreur, d’échec à surmonter pour nous rendre plus fort et nous faire progresser.

S’appuyer sur des valeurs et connaître ses forces

Définir ses valeurs et celles du groupe, connaître ses forces et définir son identité permet aux athlètes de s’appuyer sur des repères solides, sources de confiance grâce à une estime de soi renforcée et consolidée ( Je sais qui je suis, où je vais et comment j’y vais ! ).

Se dégage alors de la sérénité, une capacité à faire face et à rebondir.

Comprendre le signal des émotions

Les éduquer à comprendre le fonctionnement des émotions a été salutaires pour eux car à la reprise, nombre d’entre eux passaient leur temps à essayer de les repousser, à tenter de les masquer et à rejeter la faute sur l’autre plutôt que parvenir à en comprendre le sens.

Les inviter à comprendre que l’émotion est un signal qui nous indique une voie à suivre et qu’en comprenant ce signal, on va être en mesure de mieux se comprendre et de comprendre l’autre.

Accepter de ressentir de la peur, de la tristesse, de l’inquiétude est le point de départ de la progression. Entendre la puissance de l’émotion éprouvée indique qu’il est temps de faire une pause, de respirer et de réfléchir pour agir mieux.

S’éveiller à la compréhension ne fait pas disparaître comme par enchantement les difficultés mais permet de les atténuer et de rebondir plus vite.

On est alors plus clairvoyant et en capacité d’agir au moment opportun en adoptant le comportement adéquat.

Ce chantier est évidemment toujours en cours mais si pouviez voir à quel point, ce groupe progresse…!

Avant l’heure, c’est pas l’heure, après l’heure, c’est plus l’heure

Ce dicton est tellement évocateur de ce que vit ce groupe.

Nombre des joueurs qui le composent ont tendance à s’inquiéter des conséquences de l’erreur et/ou de la défaite.

D’autres se réfugient dans le passé en se remémorant en permanence des moments difficiles où ils ont connu l’erreur ou l’échec.

Pour les uns comme pour les autres, la conséquence est la même, ils se privent d’agir ici et maintenant, d’être concentrés sur le moment présent.

Ils manquent de spontanéité dans leurs prises de décisions, limitent les prises de risque et finissent toujours par commettre une erreur finalement.

Leur apprendre à accepter l’erreur, à composer avec et à la valoriser leur permet de s’en libérer petit à petit.

Cela renforce leur motivation et leur détermination à rester focus sur le moment présent.

Là aussi, chantier toujours en cours car faire évoluer les croyances prend du temps et demande à chacun des efforts importants.

En prenant conscience que la progression et la performance passent par la voie de l’acceptation de l’erreur et la nécessité d’en faire une opportunité plutôt qu’un piège à éviter à tout prix.

Le prochain défi : optimiser la communication

Tout en persévérant dans tous les éléments précédemment cités, un enjeu majeur semble se dessiner car je constate au fil des semaines que les caractères s’affirment, le groupe prend forme et chacun des joueurs commencent à s’exprimer y compris ceux qui étaient plus effacés en début de saison.

Pour se faire entendre et pour imposer leurs idées, certains ont tendance à vouloir employer une forme de communication plus directive et des tensions apparaissent.

La saison avance, l’équipe se porte bien et va concourir en seconde phase pour accéder à l’échelon supérieur.

Je pense que certains estiment qu’il est temps à présent que tout le monde se projette dans la même direction et suive le même cap.

Je vois là une opportunité de conforter tout le travail parcouru depuis huit mois.

Nous allons donc consolider les acquis dans le jeu et sur l’aspect mental.

Nous allons emprunter la voie de la communication tant sur le terrain qu’en dehors.

Cette première phase avait pour objectif de bâtir une dynamique de groupe, acquérir des outils sur le plan mental et bâtir une confiance solide.

Nous progressons certes mais le défi de la communication révèle pour eux comme pour moi, notre prochain grand chantier.

Alors en route pour la seconde phase de notre championnat !

Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles.

Oscar Wilde.

Découvrir, s'initier, se former à la préparation mentale sportive.

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