Dépasser la critique et le jugement

Dépasser la critique et le jugement n’est pas une chose facile à réaliser lorsqu’on est traversé(e), dans le feu de l’action, par une multitude d’émotions.

Elles ont alors tendance à orienter notre passage à l’action en voulant réparer spontanément et immédiatement ce qui nous cause du tort.

A certains moments, il n’y a même pas d’intervention d’un tiers ( entraîneur, public, adversaire…).

Le simple fait de commettre une erreur nous amène à émettre à notre encontre de sévères critiques et des jugements sans appel.

A d’autres moments, nous voilà devenu(e) celui ou celle qui s’en prend à autrui en lui adressant une critique acerbe ou un jugement cinglant et ce uniquement parce que il/elle commet une erreur ou fait un choix différent de celui auquel nous pensions.

Finalement, on peut à la fois être le bourreau, la victime et même le sauveur dans ces moments là.

C’est souvent parce qu’on a le sentiment de perdre la maîtrise et le contrôle de la situation.

Confronté(e)s à cela, nous sommes alors incapable de dépasser la critique et le jugement et nous agissons alors sous le coup de l’émotion :

  • Je suis en colère, je l’exprime par la critique et le jugement
  • Je suis déçu(e), je me critique et je me juge
  • Je réfléchis à la manière de réparer tout ça et cela m’empêche d’agir dans le moment présent

Définir la critique et le jugement

En parcourant la définition dans le Larousse, voici ce que l’on trouve :

La critique : Porter sur quelqu’un, quelque chose un jugement défavorable en faisant ressortir les défauts, les erreurs, etc. ; blâmer, désapprouver, censurer, condamner : Se faire critiquer pour sa négligence.

Le jugement : Appréciation, favorable ou défavorable, portée sur quelqu’un ou sur quelque chose : Formuler un jugement sur le potentiel physique de son adversaire.

Depuis le temps que j’entraîne, j’ai remarqué que très souvent, les joueurs perçoivent un commentaire telle une critique et ont systématiquement la sensation inconfortable d’être jugés.

Pourtant lorsque j’émets un commentaire, mon objectif est de les motiver à faire le bon geste ou à adopter la bonne attitude dans l’idée de leur apporter des conseils pour progresser et performer à la hauteur de leur potentiel.

Je pense que c’est la valeur et le sens que l’on donne à ces trois termes qui créent la confusion chez les athlètes.

C’est à ce moment là que l’estime de soi vacille et génère ce sentiment désagréable.

Pourtant lorsque j’émets un commentaire, cela signifie que, j’ai observé en amont ce qui se passe pour ensuite décrire un fait, une réalité objective qui ne dépend pas de l’opinion de chacun.

Quand je manque plusieurs fois ma première balle au tennis, je peux juger ma performance en décrétant que c’était nul ou encore critiquer la météo, la clameur du public voire même mon matériel.

Mais je peux aussi m’appuyer sur des faits concrets, décomposer mes gestes, ma posture, la vitesse de mon lancer et ma faculté à rentrer vite dans la balle.

En faisant cela, j’établis un commentaire librement sans tenir compte de tout ce qui est subjectif.

Je m’accorde de la valeur et finalement la solution m’est dévoilée beaucoup plus rapidement.

Se libérer de l’opinion des autres

As-tu tendance à t’inquiéter de ce que les autres vont croire ou penser, à propos de toi ou de ta performance ?

Si oui, peux-tu identifier ce qui te fait peur parmi les trois grandes peurs énoncées ci-dessous ?

  • Peur d’avoir l’air faible. Peur de perdre le respect
  • Peur d’avoir l’air incompétent(e). Peur de perdre l’estime
  • Peur de ne pas être aimé. Peur de perdre la connexion

Quelles pensées traversent ton esprit lorsque tu ressens la peur d’être jugé(e) ou critiqué(e)?

S’inquiéter de ce que pensent les autres peut t’amener à te critiquer sévèrement car tu peux craindre le jugement de l’autre ( partenaires, public, famille ou entraineur ).

Cela peut aussi t’amener à pratiquer un comportement qui finalement ne ressemble pas à qui tu es vraiment ( contester, commettre une faute grossière, perdre ton sang-froid, t’en prendre à autrui ).

Mais pour ressembler aux autres et être accepté(e), tu es disposé(e) à adopter leur ” code ” et leur façon d’agir.

Dans tous les cas, cela peut t’empêcher d’adopter l’attitude optimale requise en compétition pour accomplir une performance.

se laisser déborder par la frustration…écraser sa semelle sur la cheville de son adversaire

7 conseils pour te libérer de l’opinion des autres

Pose des questions pour connaître le point de vue des autres.
Lorsque tu essaies de deviner ce que les autres pensent, il est fort probable que tu te trompes la plupart du temps !

Surtout lorsque tu t’imagines que les autres sont déçus ou fâchés, qu’ils te jugent ou jugent ta performance.

Avant d’assumer qu’il y a un problème ou que les gens te jugent, prends le temps d’en discuter avec eux.

L’opinion des autres n’est jamais plus importante que ta propre opinion.
Ne laisse pas les autres décider ce qui est bon pour toi, et crois en tes propres opinions.

Ce que tu penses a autant de valeur que ce que les autres pourraient penser.

Exprime tes idées, ton opinion et tes besoins.

Il ne s’agit pas de te fermer aux idées des autres, mais plutôt de valoriser autant tes propres idées que celles des autres.

Fais la différence entre ce que tu fais et qui tu es.
Une moins bonne performance, une erreur, un échec, ne font pas de toi une personne mauvaise ou moins bonne.

Rappelle-toi que quand ton entraîneur(se) fait un commentaire, il/elle commente une action ou un comportement, mais il/elle ne te juge pas toi en tant qu’individu.

Développe ta capacité d’analyse dans ton sport.
Regarde des vidéos, lis des articles, observe des athlètes de haut niveau et développe ta compréhension du sport, pour organiser ta pensée et prendre confiance en tes idées.

Cela t’aidera à mieux expliquer tes performances (ou tes contre-performances) et à trouver plus rapidement des solutions à tes problématiques.

Accepte tes erreurs et ton processus d’apprentissage.
Quand tu entraînes de nouvelles habiletés, à certains moments le seul objectif est de le faire et d’apprendre, peu importe à quoi cela ressemble.

Tu feras des erreurs, et si tu acceptes ce fait, tu oseras davantage et tu t’amélioreras plus rapidement.

Fixe-toi des objectifs et fais-toi un plan.
Prends le temps d’établir tes forces et les aspects de ton sport que tu veux améliorer, en ordre de priorité.

Puis, établis des objectifs pour travailler tes faiblesses.

Lorsque tu as une stratégie et un plan, c’est toi qui prend le contrôle et non les autres !

Rappelle-toi que personne n’est parfait !
Personne n’est parfait, pas même les plus grands athlètes… tout le monde fait des erreurs, tout le monde vit des victoires et des défaites, ça fait partie du sport.

Lorsque tu as peur de l’embarras ou du jugement des autres, prends un instant pour te rappeler que la perfection n’existe pas, et que celui qui ne risque rien n’a rien.

Sois fier(ère) d’avoir le courage d’oser te lancer, car c’est la seule voie qui peut te conduire au succès.

Apprendre à différencier le commentaire de la critique et du jugement

L’attitude qui bâtit la confiance

Une bonne maîtrise des pensées est un facteur déterminant de la confiance en soi.

Tes pensées, à elles seules, possèdent à la fois l’immense pouvoir de construire ET d’anéantir ta confiance.

Les pensées sont au cerveau ce que la nourriture est au corps humain.

Si tu absorbes une nourriture de qualité, ton corps demeurera sain et tu auras de l’énergie.

Il en est de même pour ton cerveau.

Tes pensées affectent ta confiance ; plus tu génères des pensées réalistes et constructives (qui décrivent la réalité telle qu’elle est, sans insister davantage sur le négatif que le positif), dénuées de jugement et porteuses de bienveillance et de tolérance, plus tu augmentes ton niveau de confiance, de contrôle et d’énergie.

Pense à la manière dont tu t’adresses à toi-même ; t’adresserais-tu de la même façon à ton/ta meilleur(e) ami(e) ?

Si tu penses être plus critique et moins tolérant(e) avec toi qu’avec les gens que tu aimes, il est temps de devenir ton/ta propre meilleur(e) ami(e).

Détache toi du résultat, valorise tes bons coups !

Privilégie le commentaire au jugement !

Le jugement

Un jugement, particulièrement lorsqu’il est négatif, ouvre la porte aux émotions et peut affecter ta confiance.

Lorsque tu affirmes que ton action n’est pas bonne, tu attribues une valeur négative à ton action.

Il est possible que tu te sentes alors frustré(e) ou stressé(e) et ta confiance diminue progressivement.

Avec le temps, tes jugements visent de moins en moins ta performance pour viser de plus en plus ta personne, en tant qu’athlète puis en tant qu’être humain.

Un exemple de jugement : Je n’y arriverai jamais, je suis nul(le) !

Le commentaire

Un commentaire est neutre.

Il ouvre la porte à la réflexion et à la recherche de solutions.

Lorsque tu te places en position d’observateur, cela te permet d’analyser plus clairement ce qui s’est passé et d’élaborer un plan d’action pour obtenir un résultat différent – si le résultat obtenu n’est pas celui attendu.

Après avoir formulé des hypothèses et trouvé des pistes de solution, tu te sens plus confiant(e) et tu veux répéter l’expérience pour t’améliorer.

Un exemple de commentaire: Lors de mon prochain essai, je vais placer les pieds derrière mon centre de gravité lors de l’impulsion.

Le commentaire est une réelle opportunité de progresser !

Saisis l’opportunité du commentaire !

Une performance quelle qu’elle soit repose sur la maîtrise technique, la combativité et l’intensité.

Elle requiert une maîtrise des habiletés mentales afin d’empêcher tout évènement contraire ( erreur, météo, critique, manque de préparation, matériel défaillant…) d’empiéter sur nos capacités à agir ici et maintenant pour performer dans une situation qui représente un enjeu majeur pour nous-même.

Si je m’appuie sur la pyramide de la performance de Christian TARGET, je constate que :

tout repose sur le triangle de base, Les émotions, L’estime de soi et L’énergie.

Quand j’émets un jugement défavorable, une critique à mon encontre ou envers un tiers, je contamine ce triangle d’appui en générant des émotions inconfortables, en abaissant l’estime de soi et en affectant mon niveau d’énergie ( sur activation ( colère, frustration ) ; sous-activation ( inquiétude, déception ).

Ces trois éléments peuvent, s’ils ne sont pas traités correctement, entamer mon degré de motivation en déclenchant des comportements inadaptés en compétitions ( je gamberge, je me projette dans le futur, je ressasse le passé…).

Je peux avoir envie de tout plaquer, d’abandonner, d’exprimer mon mal être de manière inadaptée par rapport à la situation à laquelle je suis confronté(e) à l’instant T.

Mon capital confiance sera impacté et s’étiolera au fur et à mesure que le processus de déstabilisation entamé par moi-même ou par autrui aura un effet sur ma performance.

Je risque alors de m’enfermer dans un processus qui va à l’encontre des objectifs fixés et cela va contribuer à diminuer mon taux de réussite, ma progression et mon influence dans l’action.

Je risque même de devenir une source de difficulté car je peux devenir ingérable ( colère ), figé(e) ( déception ) ou inefficace ( réflexion ).

Finalement en apprenant à dépasser la critique et le jugement, j’entame une réflexion en exerçant mes capacités à mieux gérer mes émotions, à bâtir une estime de soi solide et à optimiser mes capacités à favoriser le bon niveau d’activation selon le défi à relever.

Grâce à cela je m’appuie sur ces trois piliers afin de bâtir une motivation à toute épreuve qui génèrera une confiance solide et facilitera une communication sereine et maîtrisée envers moi-même et aussi avec mon environnement proche ( entraîneur, partenaires, famille,, adversaires…).

En me décidant à prendre le contrôle de la situation, j’abandonne des attitudes, des postures et des modes de pensées qui entravent la réalisation de performances abouties, sources de bien être et donc de progression.

Je deviens alors un(e) meilleur(e) athlète et un être humain accompli.

Si tu souhaites aller plus loin et apprendre à maîtriser tes émotions, à renforcer ton estime de soi et optimiser ton niveau d’activation, clique sur l’onglet ci-dessous et découvre ce que je te propose pour favoriser ta progression et augmenter tes performances en développant tes habiletés mentales.

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