Comment inclure la préparation mentale dans la formation des sportifs ?

Partager une saison entière de préparation mentale au cœur d’une équipe sportive.

Si vous avez parcouru ma biographie, vous savez que c’est notamment mon parcours d’entraîneur qui m’a amené à m’intéresser à la préparation mentale.

D’abord de manière autodidacte puis ensuite en suivant la formation de l’école de la tactique samouraï auprès de Guylaine Girard.

A présent je poursuis toujours mon parcours d’entraîneur tout en m’attachant à développer les qualités mentales des joueurs qui sont sous ma responsabilité.

J’ai donc décidé, cette saison de vous partager régulièrement, ce que j’utilise durant les séances d’entraînement et durant les matchs.

Vous êtes libres de vous l’approprier afin d’élargir vos connaissances et vos compétences.

Mon objectif est en priorité de vous faire découvrir la préparation mentale, de vous initier à cette pratique et de vous amener pas à pas à l’intégrer dans l’approche de votre sport.

Alors bienvenue dans mon univers et en route pour 10 mois d’une saison palpitante !

Inclure la préparation mentale dans votre approche sportive

La préparation d’avant-saison

Dès le mois d’avril 2021, j’ai donné mon accord pour entraîner cette équipe de football composée de joueurs U14 ( 13 ans ).

L’absence de compétition a facilité ma capacité à gérer deux effectifs du mois d’avril à début juillet.

La pandémie liée au covid-19 ayant impacté le déroulement des compétitions, j’ai pu achever la saison en cours et me projeter avec ce groupe pour préparer la saison 2021-2022.

Avril 2021 à Juillet 2021

Comment présenter la préparation mentale auprès de jeunes joueurs ou de joueurs novices ?

Mon approche est systématiquement globale et liée à la pratique de l’activité sportive. Durant cette période, l’objectif était d’apprendre à faire connaissance de manière réciproque.

Je cherchais à découvrir leurs forces sur le plan technique, tactique et athlétique. Parallèlement, mon ambition était de découvrir leur potentiel au niveau des qualités mentales dans la pratique de leur sport.

J’ai très vite remarqué que ce groupe disposait de qualités fondées sur le courage, l’abnégation, l’écoute et la persévérance.

Excellent début me direz-vous. Je vous le confirme car cela laissait présager un potentiel de développement important.

Au cours des séances d’entraînement et des matchs amicaux, j’ai remarqué chez certains un esprit très combatif, chez d’autres une volonté d’apprendre et de comprendre et pour certains une réelle volonté de donner le meilleur de soi pour le collectif.

Je retrouvais finalement les trois états d’esprits spontanés étudiés en formation avec les trois centres d’intelligence : le centre instinctif ( ventre ), le centre rationnel ( tête ) et le centre émotionnel ( cœur ).

Au travers de ce constat, j’allais rapidement me confronter aux émotions et sentiments inconfortables qui ne manqueraient pas d’affecter ces jeunes joueurs quand tout ne fonctionnerait pas comme prévu.

Pour les instinctifs, la colère, pour les rationnels, le stress et pour les émotionnels, la peur de décevoir notamment.

A dire vrai, je m’attendais à cela et je trouvais là une belle opportunité de leur présenter la préparation mentale sportive.

Les gars, pause !

Venez-là, je vais vous présenter un outil très puissant…

” J’ai remarqué trois choses importantes quand tout ne se passe pas comme vous le souhaiteriez. Dites moi si j’ai raison ou non.”

” Certains expriment de la colère quand le ballon ne revient pas comme attendu. D’autres s’inquiètent de ne pas avoir assimilé les éléments demandés dans le jeu et enfin pour d’autres, ils s’attachent plus à se demander ce que l’on peut penser d’eux s’ils ratent une passe ou s’ils manquent le but. “

” Finalement quelque soit votre manière de fonctionner, une chose vous lie les uns aux autres…

la peur de l’échec ! “

Premier principe évoqué :

Si vous devez retenir une seule chose de la séance, c’est celle-ci :

Vous avez absolument le droit de vous tromper durant la séance ou dans la vie en générale !

Vous en avez le droit car cela vous donne l’opportunité d’apprendre de votre erreur et donc de progresser !

Pour cela, une seule règle : Tout mettre en œuvre pour corriger l’erreur.

L’échec, ce n’est pas l’erreur en elle-même. L’échec survient quand vous vous privez par votre attitude de tout mettre en place pour corriger cela et apprendre d’elle. Je vous livre cette citation exprimée par un joueur et entraîneur légendaire :

Le football est un jeu fait d’erreurs. Celui qui fait le moins d’erreur l’emporte.

Yohann CRUYFF.
Un joueur d’exception, un entraîneur de légende

Sur ce, bon après-midi à tous…On se voit mercredi !

Second principe évoqué

J’effectue un rappel sur la notion évoquée lors de la dernière séance et je précise qu’ici l’erreur fait partie de l’apprentissage et qu’elle est même nécessaire, indispensable voire recommandée car elle permet de faire progresser autant le groupe que l’individu.

Elle peut avoir été commise sur le plan technique, sur le plan tactique ou encore au niveau de l’attitude. On cherche avant tout à saisir l’opportunité de progresser grâce à elle.

Au fil des séances, je peux vous assurer que ce type de discours impacte le comportement général des joueurs et petit à petit ils comprennent et acceptent que l’erreur fait partie du jeu et que l’accepter c’est déjà préciser les contours de la réussite.

Le rappel terminé, j’ai disposé au sol, un grand cercle matérialisé par des coupelles de couleur rouge puis à l’intérieur un cercle plus restreint de couleur jaune et enfin un dernier encore plus petit avec des coupelles vertes.

Cela donnait ceci :

Les trois zones d’action en sport

J’ai démarrer mon propos en leur précisant ceci :

” Un moyen d’accroître votre sentiment de contrôle sur votre performance consiste à vous entraîner régulièrement dans la zone d’action appropriée. “


Il y a 3 zones d’action en sport :

1.La zone de panique / frustration

2.La zone de performance

3. La zone de confort

Je leur ai fait remarqué que la zone de performance se situait au milieu, entre la zone de panique/frustration et la zone de confort.

Cela signifie donc qu’il y a un risque non négligeable en voulant être performant en compétition de basculer dans une des deux autres zones.

On peut par exemple démarrer un match de façon optimale et s’apercevoir que l’adversaire semble plus faible que nous. Le risque alors peut être de basculer dans la zone de confort en estimant que rien ne peut nous arriver.

A l’inverse redouter notre adversaire peut générer des comportements qui vont nous amener à jouer dans la crainte et la crispation et à la moindre erreur ou évènements défavorables, cela peut nous faire basculer dans la zone de panique et de frustration.

Dans les deux cas, les conséquences peuvent être similaires et générer des contre-performances.


TYPE DE ZONEQUANDCARACTÉRISTIQUES
ConfortAdversaire plus faible
Exercices répétés plusieurs fois
Peu ou pas d’enjeu
Très à l’aise
Peu ou pas de stress
Peu stimulé
Panique /
Frustration
Match important
Adversaire jugé plus fort
Nouveau poste
Nouvelle équipe
Nouveaux coéquipiers
Nouvel entraîneur
Manque de maîtrise
Perte de contrôle
A la limite de tes capacités
Aucune marge d’erreur
Frustré, anxieux, stressé
Suractivé
Accumulation d’erreur
Sensations et émotions
inconfortables
PerformanceAdversaire de valeur
Nouvel exercice
En contrôle
Stimulé
Prêt à relever un défi
Bon stress
En capacité de faire, d’agir
Comprendre et évaluer les 3 zones d’action en sport

4 Méthodes pour sortir de la zone de frustration / panique et basculer dans la zone de performance

Méthode n° 1

Je révise mes attentes

  • Je me fixe des objectifs ambitieux et réalistes pour me donner une direction et un cap à suivre. Cela va contribuer à prendre les bonnes décision et à agir.
  • Je lâche prise sur le résultat et les attentes afin de me libérer de l’enjeu et privilégier la maîtrise. Je vais ainsi garder et maîtriser toute mon énergie et favoriser mes capacités à agir dans le moment présent.
  • Je joue l’esprit libéré dans le but de faciliter ma clairvoyance et favoriser des prises de décisions rapides tout en optimisant la précision dans mes gestes.
  • Je donne le meilleur de moi-même en visant la réussite et non la perfection.

Méthode n°2

Je me libère des attentes des autres

  • J’évalue ce que je souhaite pour moi-même dans le but d’agir selon ce qui est sous mon contrôle et ainsi je me libère de ce que pensent les autres ( parents, amis, coéquipiers, entraîneurs…).
  • Je cherche à apaiser mes pensées en focalisant sur l’essentiel, TOI !
  • Je demeure dans l’instant présent afin de cesser de m’inquiéter et me maintenir dans l’action.

Méthode n°3

Je développe de nouvelles capacités

  • J’établis un plan d’action pour définir mes besoins, renforcer mes compétences et en développer de nouvelles.
  • J’observe, je questionne, j’analyse afin de me sentir outillé et prêt à relever les défis.
  • Je communique, j’échange dans l’optique de favoriser la connexion avec l’entraîneur et les partenaires.

Méthode n°4

Je modifie ma perception de mes capacités

  • Je ne me fixe pas de limites afin de me libérer des doutes et développer ma confiance.
  • Je dessine petit à petit une meilleure image de moi et ainsi renforcer mon estime de soi.
  • J’établis une liste de mes forces et de mes succès dans le but de m’encourager à aller plus loin.
  • Je m’entraîne dans la zone de performance avec la finalité de rendre mes objectifs accessibles.

Pour finir enregistre la définition de la confiance en soi élaborée par Ivan Joseph, docteur en psychologie du sport :


La capacité de croire en soi, d’accomplir toute tâche, peu importe les chances, peu importe la difficulté, peu importe l’adversité.

Performer, S’épanouir, Progresser

A très vite pour le prochain épisode…

Découvrir, s'initier, se former à la préparation mentale sportive.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

error

Vous aimez ce site, rejoignez le Projet Rabeles sur

Découvrir Le Projet Rabeles