Comment accompagner son enfant dans sa pratique sportive ?

Des pistes de réflexion et des stratégies pour réussir sa saison.

Depuis de nombreuses années en tant qu’entraîneur, j’ai rencontré énormément de parents aux profils divers et variés.

J’ai remarqué que peu importe ce qui les motive dans la pratique sportive de leur enfant, une chose les caractérisait absolument tous, leur investissement.

Et il en faut, vous le savez sans doute pour équiper, accompagner, encourager, soutenir et supporter les moments parfois difficiles que vivent nos jeunes athlètes.

Le rôle des parents est primordial dans le développement des qualités physiques, mentales et humaines de ces jeunes pousses.

Mais pour être totalement transparent, je ne vous cache pas que certains comportements peuvent, s’ils ne sont pas canalisés et régulés, venir perturber la progression de l’enfant ou de l’adolescent.

Je vous propose ici de dresser différents portraits en lien avec ce que j’ai pu observer au travers de mes fonctions d’entraîneur.

Un soutien inconditionnel

Une multitude de personnalités, un investissement sans égal !

En match, en compétition voire à l’entraînement, on constate parfois avec plaisir parfois avec contrariété, des attitudes, des gestes ou des paroles qui peuvent d’une façon ou d’une autre impacter la performance globale des sportifs.

Voici quelques portraits marquants que j’ai pu apercevoir durant mon parcours d’entraîneur.

L’inquiet : Il souhaite ardemment la réussite de son enfant, il vit dans le futur immédiat en redoutant plus que tout l’erreur et ses conséquences.

Il cherche alors à éviter cela et abreuve son enfant de conseils en tout genre.

Le colérique : pour lui, la victoire est essentielle, et le contenu et la maîtrise tout a fait secondaires.

Il vient encourager comme un supporter qui se déchaîne lors d’une compétition de professionnels.

Le désintéressé : Il accompagne tout en étant détaché. Le résultat et le contenu, il n’en a que faire.

Il profite du match ou de la compétition pour lire un bouquin ou discuter avec les autres parents.

L’ambitieux : Il a souvent pratiqué le même sport que son enfant.

Il s’estime légitime pour donner son avis sur tout ( le niveau de jeu, le projet de jeu, l’arbitrage, l’entraîneur…) et souhaite plus que tout que son enfant performe à haut niveau.

Le taiseux : Il est souvent à l’écart, loin du tumulte et de l’agitation.

Il apprécie les progrès réalisés, analyse le jeu, les performances et observe.

Le bon vivant : Il est détaché du résultat.

Il veut privilégier le relationnel, l’harmonie et le plaisir avant tout.

Le nostalgique : Pour lui, c’était mieux avant.

De son temps, on ne se préoccupait pas du jeu proposé, de l’esprit d’équipe.

Tout était beaucoup plus simple. On gagne ou on perd !

Le passionné : Il encourage, il valorise et il relativise.

Bien sûr il préfère la victoire mais il sait aussi combien une défaite est une opportunité d’apprendre.

A travers ces quelques portraits, certains se reconnaîtront, d’autres pas du tout.

L’ objectif ici n’est pas de blâmer qui que ce soit mais plutôt d’éveiller les consciences sur la manière dont il est possible d’accompagner son enfant dans son parcours sportif voire scolaire.

Il est possible aussi que certains d’entre vous recherchent des moyens et des solutions pour y parvenir.

Je vais vous donner quelques pistes de réflexion et des stratégies pour bien démarrer dans votre démarche.

Piste n° 1 : L’athlète doit être motivé

Se rendre à l’entraînement après les cours, braver les conditions météo, faire face durant toute la saison aux difficultés rencontrées, supporter les temps de trajet, etc, etc.

Rien que pour cela, la motivation se doit d’être optimale car elle est le moteur de la persévérance et de la ténacité.

Elle s’accompagne du plaisir d’apprendre, de progresser ou encore de partager des moments conviviaux avec ses partenaires d’entraînement, ses entraîneurs voire un animal si on pratique l’équitation par exemple.

On imagine souvent que la motivation est acquise voire évidente mais en réalité il peut être nécessaire d’établir avec son enfant, les sources de motivations qui le poussent chaque semaine à suivre un tel rythme.

On peut imaginer que lorsque les conditions sont réunies et propices au dialogue, que l’enfant est disposé à écouter et à communiquer tout comme le parent, il s’installe alors une conversation constructive afin de verbaliser ce qui motive l’enfant à pratiquer son sport.

Dans un premier temps, on va chercher à entrer en connexion l’un avec l’autre et expliquer ce qu’on attend de cette discussion.

On peut expliquer à l’enfant que la finalité est de déterminer précisément les raisons profondes qui l’amènent à pratiquer son sport.

Cela peut sembler évident mais bien souvent on se fie à ce que l’on ressent, à ce que l’on éprouve sans mettre des mots pour caractériser notre motivation.

Une fois que la connexion est établie et qu’on a expliqué pourquoi alors on peut débattre l’un avec l’autre.

En tant que parent, tu peux poser à ton enfant des questions ouvertes et pourquoi pas prendre des notes afin de ressortir les notions ou les mots clés.

Un exemple de dialogue

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton sport ?

Être avec mes co-équipiers, passer du temps au club et aussi j’apprécie mon entraîneur.

Pourquoi aimes-tu ton sport ?

Je peux être avec mes copains.

Qu’est-ce que tu apprécies moins dans ton sport ?

J’ai parfois peur de me tromper et de commettre une erreur et que mes co-équipiers m’en veulent.

Quel est ton grand but cette saison ?

Je voudrais entrer en section sportive.

Quels sont tes objectifs ?

Je veux progresser, continuer d’apprendre et arrêter d’avoir peur de me tromper.

Qu’est-ce qui t’aide à progresser et à t’améliorer à l’entraînement ?

J’aime bien quand mon entraîneur m’encourage et me félicite. Même chose avec mes coéquipiers.

Qu’est-ce que tu aimes dans la compétition ?

J’aime bien être avec mes partenaires et relever des défis avec eux.

Qu’est-ce que tu n’aimes pas ?

Je n’aime pas quand ça crie, ça me fait encore plus peur de commettre une erreur.

Qu’est-ce qui t’aide à progresser et à t’améliorer à l’entraînement ?

J’aime bien relever des défis avec mes coéquipiers. On s’encourage, on se félicite, ça me motive encore plus pour progresser.

Comment te sens-tu avant la compétition ?

Je ne pense pas à ça, je m’occupe, je joue, je prépare mes affaires mais… parfois ça m’inquiète quand on part au match et…que tu me parles de ce que je dois faire pour être bon.

Comment te sens-tu après le match ?

Si on a gagné, je me sens content et soulagé mais si on a perdu je me demande si j’aurais pu faire mieux et si tu es déçu.

A travers ces quelques questions, on a pu établir les préférences de l’athlète, on a évoqué les défis, les objectifs, les souhaits, les craintes, les sensations…

Il est alors temps pour le parent d’évoquer ce que l’enfant sportif attend de lui.

Que puis-je faire pour t’aider et t’encourager avant, pendant et après tes séances d’entraînement et tes compétitions ?

J’ai envie que tu m’encourages dans les bons et les mauvais moments. J’ai pas forcément envie de parler après la séance ou le match.

Si j’en ai besoin, je t’en parlerai mais souvent je préfère faire autre chose pour penser à autre chose.

As-tu besoin que je te donne des conseils ?

Pas forcement, ça dépend. Souvent tu me donnes des conseils quand j’ai fait une erreur mais à ce moment-là, j’ai pas envie de t’écouter car je me sens nul et je suis triste.

Qu’est-ce que je peux améliorer dans mon attitude afin de t’aider à progresser ?

Si j’ai pas envie de parler avant ou après l’entraînement ou le match, j’aimerais bien que tu l’acceptes. Si j’ai besoin d’un conseil ou de ton avis, je te le demanderai.

Dans cet exemple, il est important de noter que la conversation qui s’est installée entre un père et son fils a pris un certain temps.

Le jeune sportif n’est pas toujours ouvert au dialogue et à une discussion qui s’éternise.

Le fait de noter les questions posées et les réponses apportées progressivement permet d’ancrer les réponses pour l’un comme pour l’autre et d’installer une conversation constructive et progressive.

Cela va énormément dépendre de la personnalité du jeune sportif.

Dans tous les cas, on faisant preuve d’ouverture, on parviendra à poser un cadre et ainsi permettre à chacun de progresser dans la compréhension mutuelle des besoins et des attentes de chacun.

Piste n°2 : La neutralité ( équilibre émotionnel )

Quand tu dialogues avec ton enfant, il est parfois difficile de faire face à son attitude et à ses réponses.

Le plus important est de parvenir à nouer le dialogue ensemble sans avoir de prétention particulière ou en voulant absolument aller au terme de la démarche.

On cherche avant tout à fiabiliser les réponses de l’athlète.

Si tu lui montres de l’agacement, de l’impatience ou encore de la tristesse, tu risques d’influencer ses réponses par crainte de te blesser ou de te décevoir.

Focalise ton attention sur la finalité de cette conversation car si tu dialogues ainsi avec ton enfant cela signifie que tu as pris conscience de l’importance de cette démarche.

Tu cherches avant tout à lui permettre d’exprimer tout son potentiel en respectant ses besoins et ses attentes pour atteindre un objectif qui lui est propre.

Mais pour être passer par là, je te rejoins…

Ce n’est pas toujours facile d’entendre certaines choses alors qu’on pensait sincèrement faire de son mieux pour le bonheur de son enfant.

Équilibre émotionnel…

Piste n°3 : Cette situation est-elle sous mon contrôle ou non ?

Quand tu accompagnes ton enfant à l’entraînement ou en compétition, il est possible qu’il soit confronté à des évènements difficiles et que tu aies un besoin profond de lui venir en aide de manière immédiate.

L’une des plus grande vertu du sport est de permettre à l’enfant d’entrer en contact avec la réalité du monde extérieur et de se mesurer à des situations parfois inconfortables.

On voudrait souvent l’en préserver mais si tu considères que c’est une formidable opportunité d’apprendre à gérer des émotions difficiles ou encore à faire preuve de résilience dans les moments compliqués alors tu développeras ta capacité à prendre du recul.

Tu vas parvenir à maîtriser de plus en plus tes réactions spontanées telles que la colère ou la frustration qui finalement risquent de générer chez ton enfant de l’inconfort et impacter sa performance.

Je te propose donc de développer ta capacité à mesurer ce que tu peux contrôler et à identifier ce qui échappent à ton contrôle.

Ce que je peux contrôler :

  • Je peux choisir de me focaliser plutôt sur le contenu et la maîtrise que sur le résultat uniquement.
  • Je valorise les efforts et le travail réalisés afin de progresser.
  • Je considère le sport comme un excellent moyen d’aborder l’existence et de se confronter aux épreuves de la vie.
  • Je valorise l’esprit sportif, les valeurs de l’équipe ou du club.
  • Je développe mon empathie en toutes circonstances.
  • J’identifie mes émotions, je les contiens et je prends du recul quelque soit la situation ( victoire ou défaite ).
  • Je suis là dans les bons et les mauvais moments. On apprend en toutes circonstances et le principal objectif est de tirer une leçon de chaque situation vécue afin de construire l’enfant et de le préparer à sa vie d’adulte.
  • Je peux aussi exprimer à l’enfant que je partage sa tristesse ou sa peine et que s’il a besoin de moi pour échanger ou encore passer à autre chose, je suis là pour lui.
  • Finalement c’est aussi pour moi une formidable opportunité d’apprendre et de m’enrichir personnellement.

Ce qui échappe à mon contrôle :

  • Les choix de l’entraîneur ( il a ses raisons et cela s’entend et se respecte ).
  • Les décisions arbitrales ( parfois difficile à accepter mais voilà une opportunité de développer la capacité à faire preuve de résilience pour mon enfant et moi ).
  • Les commentaires des autres parents, des co-équipiers ou des adversaires ( cela peut exaspérer et donner envie d’entrer en conflit mais l’essentiel se passe sur le terrain alors on s’éloigne et on se focalise sur le plaisir de son enfant, on l’encourage, on valorise ses efforts et sa détermination ).
  • Le niveau de l’adversaire, la météo, la qualité des installations ( je me focalise sur l’opportunité d’apprendre et de progresser en tout temps et quelque soit les conditions. )

Ici, on adopte la stratégie du verre à moitié plein. On souhaite développer la capacité à s’appuyer sur nos forces et nos valeurs plutôt que sur ce qui manque, ne nous convient pas ou nous irrite.

Le parent a ainsi pour ambition de transmettre de la confiance et de développer les capacités de l’enfant à rebondir et à s’appuyer sur ce qu’il peut maîtriser plutôt que sur ce qui peut le déranger au premier abord.

Il est possible qu’il soit stressé, inquiet, anxieux à l’idée de jouer le match ou de s’entraîner en vue d’une prochaine compétition.

En adoptant une attitude constructive, on lui transmet une énergie positive qui va lui permettre de se libérer et d’exprimer toutes ses qualités.

La finalité reste de le laisser s’exprimer en tant qu’athlète, de le mettre en confiance et ainsi de passer les paliers les uns après les autres pour atteindre ses buts.

Step by Step

Un cas concret

Dernièrement, j’ai rencontré un jeune sportif de 14 ans qui plus jeune était très doué pour le tennis.

Repéré pour ses qualités dès l’âge de 9-10 ans, un protocole a été mis en place afin de lui permettre de développer tout son potentiel.

Pendant plusieurs années il a suivi un rythme soutenu entre l’école, les séances d’entraînement et les compétitions.

Il était absolument motivé, passionné et enclin à suivre le rythme.

Vers l’âge de 12-13 ans alors qu’il avait eu une progression constante, il n’a pas été retenu lors des sélections en vue d’intégrer un pôle de formation d’excellence.

Son monde ne s’est pas écroulé mais ses repères se sont retrouvés perturbés et ont commencé à entamer sa confiance jusqu’à le persuader qu’il n’avait pas le niveau suffisant pour devenir un solide joueur de tennis.

Jusqu’à présent, il était constant dans son ascension, il avait des rêves et des objectifs élevés.

Quand le coup d’arrêt est arrivé avec sa non sélection, il s’est senti faible et incompétent.

En échangeant avec lui, il me disait que puisqu’il ne pouvait pas être professionnel, le tennis à ce niveau là ne l’intéressait plus et qu’il envisageait un autre sport voire d’arrêter le sport en compétition.

Ce joueur avait développé au fil des années un état d’esprit orienté vers la performance et la compétition.

Ne pas atteindre son but avait généré chez lui énormément de colère et de frustration envers lui même mais aussi envers son entourage qui selon lui l’avait poussé dans cette voie.

Je lui ai alors posé une simple question : Connais-tu les raisons de ta non sélection ?

Il m’a répondu par la négative.

Je lui ai alors demandé une nouvelle fois, quelles étaient selon lui les raisons de sa non sélection.

Sa réponse a été fulgurante : ” parce que je suis nul, tiens ! “

Je lui ai alors précisé qu’il n’avait pas le contrôle sur les critères de sélection du pôle de formation, qu’il était possible qu’un joueur ayant le même profil que lui, avait déjà été recruté ou que sais-je encore…

En réalité, sa manière de penser l’amenait à se positionner en joueur talentueux s’il était retenu et en joueur mauvais s’il ne l’était pas.

Je lui ai alors présenté une autre perspective en lui indiquant qu’il avait participé aux sélection en raison de ses nombreuses qualités et que par conséquent son talent était reconnu par le comité de sélection.

Ensuite, je lui ai précisé que nombre de joueurs de haut niveau ont vécu la même désillusion et qu’à ce moment-là, deux voies s’offraient à eux.

Celle de la persévérance ou celle de la résignation.

Le plus important n’est pas l’échec mais la manière dont on le valorise pour devenir une meilleure personne.

Ce jeune garçon a tout misé sur son talent et ses performances.

Cela a été suffisant jusqu’à un certain point.

A présent, je l’ai invité à trouver ses propres sources de motivation dans le plaisir de jouer, de pratiquer son sport en s’appuyant d’abord sur le processus et la maîtrise et ensuite le résultat.

Ses parents ont défini de nouvelles perspectives afin de favoriser la performance en optimisant une approche éducative, harmonieuse et résiliente.

Découvrir, s'initier, se former à la préparation mentale sportive.

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